UrbaPlus, Le Réseau de l'Institut d'Urbanisme de Paris

5 questions à Stéphane Elkan, fondateur d’Urba+ et porteur du projet de développement d’une représentation locale à Marseille

Stéphane, en tant que membre fondateur d’Urba+, que retiens-tu de ton implication dans l’association ?

Stéphane Elkan : Tout d’abord, le fait qu’une idée peut perdurer alors que les étudiants changent régulièrement et notre capacité à pousser l’initiative personnelle au bénéfice d’un ensemble. Ensuite, cette expérience m’a permis de tisser des liens durables avec des anciens que je n’aurais sûrement jamais rencontrés sans l’association. C’est cette aventure humaine que je retiendrai avant tout. Enfin, il y a le lien avec la formation. J’ai eu le sentiment de faire évoluer les relations entre étudiants et professeurs vers des rapports de partenaires. On participe aussi bien à l’image de l’IUP en tant qu’étudiant, que professionnel ou même que professeur. En ce qui concerne les évènements qui m’ont marqué, je me souviens tout d’abord des réunions qu’on organisait dans les anciens locaux de l’université de Créteil. On invitait tous les étudiants et cela se transformait en gros pot. La fac, totalement vide, prenait alors une ambiance toute particulière. Ensuite, il y a eu l’organisation du colloque. Rassembler des professionnels alors qu’on est soi-même en début de carrière, travailler avec des étudiants et attirer 100 à 200 personnes à une manifestation sur un thème d’actualité, c’est une aventure marquante et qui sert par la suite dans la vie professionnelle. Enfin, il y avait les dîners débats. Cela correspondait vraiment à l’esprit dans lequel je m’étais investi dans l’association. J’étais sorti de l’institut depuis 5 à 10 ans déjà, mais, avec trois autres membres, on a eu l’idée de créer un moment convivial pour retrouver des copains de promo autour d’une problématique sur laquelle débattre et manger tous ensemble. Et puis, c’est essentiel de rester confronté à l’esprit critique d’étudiants lorsqu’on commence à s’enfoncer dans la vie professionnelle.

Pourrais-tu justement nous résumer ton parcours professionnel avant d’arriver à Marseille ?

S. E. : Pendant mes études, j’ai eu des expériences essentiellement dans le domaine du logement social. J’ai été secrétaire d’une antenne de gestion de l’Immobilière 3F. C’était une immersion totale ! J’ai fait un stage au sein de la SA HLM Efidis, où j’ai travaillé plus tard. J’en ai fait un autre au PACT-ARIM de Seine Saint Denis pour consolider ma candidature à un poste de coopération en Hongrie. Cela a fonctionné donc je suis parti pendant 16 mois. Pendant ce temps, je suis resté en contact une ancienne de l’IUP employée chez Efidis au sein du service Développement Social et Urbain, en pleine expansion à l’époque. Quand je suis rentré en France, elle m’a appris qu’un nouveau poste se créait. J’ai été pris et j’y suis resté 7 ans, au cours desquels mes fonctions ont évolué : d’abord plutôt sur des projets de développement social et urbain, puis sur des projets d’investissement sur le patrimoine pendant les 3-4 dernières années. La création de l’ANRU a naturellement fait évoluer le poste dans la mesure où une partie de ce patrimoine entrait dans le cadre du dispositif. On a donc conçu ces projets en partenariat avec les villes et de manière transversale en interne. Ceux-ci étant pour la plupart validés et enclenchés opérationnellement, et ayant envie de changer de région, j’ai finalement saisi une opportunité qui se présentait sur Marseille.

Peux-tu nous expliquer en quoi consiste ton poste actuel à Marseille ?

S. E. : En tant que Responsable Développement, je dois trouver du foncier pour construire. La Société Nationale Immobilière, au sein de laquelle je travaille, répond aux problèmes des collectivités locales en matière d’habitat et de logement, et plus particulièrement de logement intermédiaire. Elle monte des opérations en Prêt Locatif Social, dont les loyers flirtent avec ceux du marché. Mais on essaie de développer des logements plus abordables en travaillant avec des collectivités ou des SEM d’aménagement sur du foncier moins cher. Pour exercer une telle fonction de prospection foncière, il faut un réseau assez important. N’en disposant pas à l’heure actuelle, je travaille essentiellement sur le renouvellement du patrimoine foncier de la SNI. Cela consiste à démolir des bâtiments vétustes qu’il coûterait cher de réhabiliter pour produire une offre nouvelle, aux normes actuelles et plus dense. Les règles d’urbanisme nous le permettent et les conditions d’habitation restent agréables. D’une certaine manière, cela s’apparente à mon poste précédent : je travaillais alors en site sensible, tandis que là on réalise une valorisation foncière et immobilière.

Globalement, comment se passe ton intégration à Marseille ?

S. E. : En fait, j’ai grandi dans la région et mes parents y sont toujours restés. J’avais donc un réseau familial existant. Ensuite, sur Paris, j’avais toute une bande d’amis originaires du Sud : d’Aix-en-Provence ou de Marseille. Avec les enfants, certains sont redescendus. En arrivant, je pouvais donc déjà compter sur un noyau dur amical. Et puis, au fur et à mesure, on rencontre des gens... Pour ce qui est de la vie professionnel, travaillant au sein d’une société nationale, mes collègues viennent d’horizons très variés, donc je n’ai aucun problème. Avec les collectivités locales, j’ai encore peu de recul dans la mesure où je ne suis arrivé qu’il y 8-9 mois. Pour l’instant, je dirais qu’il n’y a pas de différence majeure par rapport à la région parisienne. Sur certains aspects, c’est même plus simple : le nombre d’interlocuteurs n’étant pas énorme, c’est plus facile de les rencontrer. Même avec des acteurs importants tels que la Ville de Marseille, qui a ses complexités en matière de prise de décision, la communication est efficace car les gens avec qui je travaille sont bien implantés. Changer de région ne représente donc pas une difficulté pour moi. Et si on ajoute le soleil…

Tu as le projet de développer l’activité d’Urba+ à Marseille. Peux-tu nous éclairer sur ta motivation et les projets que tu entends mettre en place ?

S. E. : Tout d’abord, il y a la même motivation que lors de mon retour de Hongrie : essayer de m’insérer dans un réseau professionnel. Or, ceux qui ont fait les mêmes études que nous constituent une bonne porte d’entrée. Ensuite, c’est l’envie d’échanger avec des personnes qu’on n’aurait pas rencontré sans cette occasion. Et il y a, dans la région, un certain nombre d’anciens membres de l’association, notamment une ancienne présidente, qui constituent autant de soutiens pour développer ce projet. Enfin, n’étant plus en région parisienne, c’est un moyen de rester en contact avec la formation et les étudiants. Et peut-être qu’on réussira à créer des partenariats avec des formations locales. Pour ce qui est des projets, il s’agirait d’une part de rapprochements entre professionnels autour de problématiques qui concernent la région : échanger, notamment sur les bonnes pratiques, à l’occasion de dîners débats, de petits déjeuners… Par ailleurs, les étudiants en région parisienne et les professionnels d’autres régions pourraient être intéressées de venir dans la région dans le cadre de voyages d’études ou de stages et d’emplois. Nous pourrions recueillir les offres au sein des structures dans lesquelles nous travaillons et les faire remonter vers Paris. Maintenant, tout reste à faire : il nous faudra créer une dynamique locale forte pour enclencher ce projet !

Propos recueillis par Jeanne Lapujade, Délégué générale adjointe d’Urba+

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