
Il y a près d’un an la ville de Londres mettait en place son péage urbain. Depuis ce jour l’accès au centre-ville implique le passage d’un cordon où un système de repérage automatique des plaques d’immatriculation vérifie que les véhicules entrants ont bien payé un droit de passage. L’objectif est à la fois de réduire la congestion et de financer l’amélioration des transports en commun. Aujourd’hui, et avant même que les conséquences précises ne soient connues, le maire de Londres Kevin Livingstone considère son projet comme une réussite, en estimant notamment l’avoir rendu suffisamment populaire pour en faire un argument de campagne électorale.
A Paris, comme dans beaucoup de grandes agglomérations, ce projet est suivi de très près, mettant sur le devant de la scène les interrogations provoquées par la question des péages urbains. Le débat a ainsi pris de l’ampleur quant à l’opportunité et aux conséquences de ce type de projet, notamment en France.
Pourtant cette attention est d’avantage due à la notoriété et à la proximité de la capitale britannique qu’à la nouveauté du système, puisque les exemples de Singapour ou de Stockholm viennent nous rappeler que le cas de Londres n’est pas précurseur, malgré son caractère emblématique. Peut-on dès lors estimer que ce débat n’est que le fruit d’un phénomène de mode ? La possibilité d’une concrétisation à court ou moyen terme reste-elle plus qu’incertaine ? Ces hypothèses sont de plus renforcées par l’absence de certitudes sur les conséquences de ce type de péage, tant sur le plan urbain que sur celui de la mobilité, et par les enjeux politiques liés à l’aspect social.
Cette partielle subjectivité des discussions se heurte pourtant à un argument difficilement réfutable : l’inévitable nécessité de repenser nos déplacements et leur tarification. Congestion difficilement contrôlable, pollutions de tous types ou crise des centres villes d’un coté, limites financières des pouvoirs publics et croissance continue de la mobilité de l’autre, il semble indispensable de trouver une solution.
Le péage urbain apparaît comme une des solutions à ces problèmes, mais ce n’est probablement pas la réponse miracle. Il est en tous cas indispensable de le percevoir comme une composante d’un système de tarification des déplacements comprenant de nombreux autres aspects à ne pas oublier.
Les outils sont en effet nombreux et doivent être considérés en complémentarité plus qu’en concurrence : organisation du stationnement payant, TIPP, taxe versement-transport, tarification des transports en commun, vignettes automobiles...
Chacun de ces systèmes doit répondre au plus grand nombre possible des objectifs de la tarification, qui peuvent se répartir en quatre thématiques. Premièrement, allouer une ressource rare, par exemple l’espace public avec le stationnement payant. Deuxièmement, financer des investissements en infrastructures ou des exploitations de réseaux. Troisièmement, internaliser les coûts externes, en faisant payer à chacun ce que ses propres déplacements coûtent réellement à la société, en prenant en compte par exemple la pollution ou la congestion provoquées. Enfin, satisfaire la notion de service public, en subventionnant les modes de transport les moins polluants ou les déplacements des personnes à faibles revenus.
Intitulé "Le péage urbain : octroi de demain ?", le colloque 2004 a consisté à présenter en quoi consiste ce système de tarification à destination des automobilistes.
Son inscription dans le système de transport et son acceptabilité par le public sont les deux aspects qui ont traités plus en détail, car ils intérressent au premier plan les collectivités et notamment l’agglomération francilienne.
Le déroulement de la journée était le suivant :
8h45 : Accueil
9h00 : Introduction
Aurélie BOUJON, Présidente d’Urba+, et M. Jean-Paul BLAIS, PUCA
9h15 : Introduction « De la tarification des déplacements au péage urbain »
Benoit BESNEHARD, Président de Transponts
9h30 : Qu’est-ce qu’un péage urbain ? Pourquoi et comment faire payer les usagers de la route en ville ?
Jean DELONS, Chargé de mission économie et trafic, Direction des Systèmes Opérationnels, COFIROUTE
10h15 : Pause
10h30 : Un outil diversement décliné Aperçu et comparaison des exemples de Londres, Singapour et Lyon
Table ronde animée par Jean-Marie GUIDEZ, Expert en mobilité, CERTU
Exemple de Londres : Pierre COESTER (Chargé d’études, CETE Lille),
Exemple de Singapour : Mathias REYMOND (Doctorant en sciences économiques au CREDEN, Montpellier I)
Exemple de Lyon : Vincent PIRON (Directeur de la Stratégie et du Développement, VINCI Concessions)
12h30 : Déjeuner
14h00 : L’accessibilité en question De nouveaux rapports centre/périphéries
Yves CROZET, vice-président de l’Université Lyon II, directeur du Laboratoire d’Economie des Transports (ISH), CNRS Rémy PRUD’HOMME, professeur émérite, Université Paris XII
15h30 : Pause
15h45 : L’acceptabilité : un facteur déterminant ? L’opinion des citoyens face au nouveau visage de leur ville
Nathalie PIVATAL, chargée d’études, CERTU Yves EGAL, Association des Usagers des Transports d’Ile-de-France Ronan GOLIAS, Adjoint au chef de la section Politique Générale, Direction de la Voirie et des Déplacements, Ville de Paris
17h00 : Conclusion
Alain MEYERE, Directeur des Transports et Infrastructures, IAURIF
17h30 : Clôture
Jean-Claude DRIANT, Directeur de l‘Institut d’Urbanisme de Paris


Co-organisé avec l’association Transponts, le colloque s’est déroulé le 4 juin 2004 à la Grande Arche de la Défense.

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