UrbaPlus, Le Réseau de l'Institut d'Urbanisme de Paris

Colloque 2005 - Inégalités environnementales et sociales : l’environnement facteur de cohésion urbaine ?

Les villes se trouvent aujourd’hui confrontées à de nouveaux enjeux du développement urbain. Elles doivent tout à la fois faire face à une croissance des inégalités sociales et urbaines et à des atteintes à l’environnement de plus en plus connues mais souvent encore mal maîtrisées. D’ailleurs, le Plan de Cohésion Sociale du gouvernement actuel, comportant un important volet de rénovation urbaine, rejoint les objectifs de la Charte du Développement Durable, qui porte également sur le traitement des inégalités sociales, et montre bien les relations entre ces deux thèmes. La transversalité de ces problématiques impose une réflexion commune entre tous les acteurs du développement urbain, depuis l’Etat et les collectivités territoriales jusqu’aux chercheurs et partenaires privés, en passant par les citoyens qui prennent une place de plus en plus importante dans les processus de décision.

Cette réflexion est à ce jour motivée par de récentes avancées légales, nationales, comme internationales, ayant pour ambition commune de donner une matérialité politique au vocable de « développement durable ». Et, même si cette dernière notion soulève de nombreuses interrogations, tant dans les objectifs théoriques que dans leur mise en œuvre concrète, les inégalités et la justice environnementales figurent, à des degrés divers, en bonne place dans les réflexions engagées (ex : Agenda 21), par-delà les différences culturelles de construction de l’action entre les pays. Toutefois, en France, si les inégalités environnementales sont implicitement connues, elles ne sont en ces termes que peu évaluées et peu intégrées dans les politiques publiques urbaines, nationales et locales.

Pourquoi ? Et, qu’est-ce qu’une inégalité environnementale et/ou écologique ? Cette expression désigne en général une différence de situation entre individus ou groupes sociaux :
- qui s’apprécie non seulement au regard des considérations environnementales ou « écologiques » au sens strict (milieux naturels, pollution, hygiène publique...), mais aussi en termes d’espace vital, de ressources renouvelables accessibles, de qualité des établissements humains, de conditions de vie et d’urbanité, de paysage, etc.,
- que l’on considère comme contraire aux droits ou au respect de la personne humaine, et de surcroît susceptible d’engendrer des déséquilibres préjudiciables au bon fonctionnement de la collectivité.

Le champ des inégalités environnementales est donc, a priori, très étendu et recouvre aussi bien une exposition aux risques naturels et techniques, une dégradation de la qualité de vie, qu’une privation relative de certains biens et services communs allant jusqu’à un accès restreint ou altéré à des ressources vitales, toutes choses se traduisant par une altération du potentiel de développement au sens large.

Ainsi, socialement dommageables, ces inégalités vont généralement de pair avec d’autres inégalités sociales. En particulier, la répartition ou le traitement des effets externes - nuisances, risques naturels et industriels,...- est d’autant plus inégale que le rôle et le poids des acteurs les sont aussi dans la négociation implicite ou explicite dont ils font l’objet.

Dans ce cadre, il semble aujourd’hui essentiel de s’interroger sur la place que tiennent les inégalités environnementales et/ou écologiques dans la recherche de cohésion sociale et urbaine. Quelles sont les traductions spatiales et urbaines de ces inégalités, comment les mesurer, les évaluer ? Dans quelle mesure les politiques de lutte contre les inégalités sociales prennent-elles en compte ces dimensions, notamment dans le cadre d’opération de rénovation et d’aménagement urbains ? Puisque la transversalité est requise, quelles sont les conséquences en matière de démarches et de construction politique ?

Intitulé "Inégalités environnementales et sociales : l’environnement facteur de cohésion urbaine ? ", le colloque 2005 a tenté d’apporter des éléments de réponses à ces questions, à travers trois grands temps.

Après avoir dressé un rapide état des lieux de la prise en compte de l’environnement dans les instruments, dispositifs et procédures mis en œuvre par les politiques publiques urbaines, la matinée a consisté à révéler en premier lieu certaines des traductions spatiales et urbaines de ces inégalités environnementales, en interrogeant alors l’adéquation des systèmes d’observation et d’information existants, ainsi que des indicateurs disponibles, à ces réalités de plus en plus explorées.

Quelques initiatives françaises et retours d’expériences étrangers apportent un éclairage intéressant sur la prise en compte des plus défavorisés dans une réflexion urbaine et environnementale plus large : la deuxième partie a été consacrée à certaines de ces expériences menées dans plusieurs villes de province, européennes ou américaines, afin d’échanger sur les pratiques et de mettre les enseignements en débat.

Enfin, les réflexions et dispositifs du développement durable impliquent une participation active des habitants, par le biais de la concertation. Or, à des revenus faibles s’ajoute souvent une inégalité de fait dans la capacité de se représenter et d’agir sur l’environnement, en interpellant la puissance publique pour la transformation du cadre de vie. Quelle place est laissée à l’expression des plus démunis dans les négociations de projets qui ont ou auront un impact sur leur vie quotidienne ?

La journée s’est donc déroulée comme suit :

8h45 : Accueil des participants

9h00 : Allocution de bienvenue

Jean-Claude DRIANT, Directeur de l’Institut d’Urbanisme de Paris et Aurélie BOUJON, Présidente d’Urba+.

9h15 : Introduction

Christian BRODHAG, Délégué interministériel au développement durable.

MATINEE

9h45 : La question des inégalités environnementales dans les politiques publiques

Construction des indicateurs et choix de politiques urbaines

Corinne LARRUE, VST, Université de Tours, Secrétaire du programme Politiques territoriales et développement durable

Jacques THEYS, CPVS-DRAST, Ministère de l’Equipement, « Obstacles statistiques et politiques à la prise en compte des inégalités environnementales »

10h45 : Pause

Guillaume FABUREL et Isabelle MALEYRE, CRETEIL et ERUDITE/GRATICE, Université Paris XII, « Inégalités environnementales et ségrégation résidentielle : le cas des grands équipements de transport »

Lydie LAIGLE, CSTB, « Inégalités environnementales et indicateurs. L’intérêt des nouvelles politiques locales d’urbanisme »

Philippe ZITTOUN, LET, Université Lyon 2 - CNRS - ENTPE, « La construction socio-politique des indicateurs d’environnement »

Christine LELEVRIER, CRETEIL, Université Paris XII, Inégalités environnementales vs. Inégalités sociales (discutante).

12h30 : Déjeuner

APRES-MIDI

14h00 : Initiatives françaises et retours d’expériences internationales

Table ronde sur quelques expériences françaises et internationales

Cyria EMELIANOFF, GREGUM, Université du Maine, « Des politiques de développement durable en Europe »

Jean-Pierre TRAISNEL, LTMU, Université Paris VIII - CNRS : « Opération HQE, HQE2 : exemples étrangers, travaux sur opération Seine Arche à Nanterre ».

Sylvie FOL, LOUEST, Université Paris X - CNRS, Géraldine PFLIEGER, LASUR, Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne : Justice environnementale et inégalités sociales aux Etats-Unis

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Sylvie Fol, Géraldine Pflieger, Cyria Emelianoff et Jean-Pierre Traisnel

15h30 : Pause

15h45 : La « participation sociale »

Table ronde sur les inégalités et les processus de concertation dans les dispositifs de développement durable

Sandrine RUI, CADIS, Université de Bordeaux, Les procédures de débat public

Jacques LOLIVE, SET, Université de Pau - CNRS, Contestation et expertise environnementale des associations

Michel DUBROMEL, France Nature Environnement (FNE) (Sous réserve)

Simon CHARBONNEAU, juriste, membre associatif, Bordeaux

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Jacques Lolive, Michel Dubromel, Sandrine Rui et Guillaume Faburel

17h00 : Conclusion générale de la journée

Guillaume FABUREL, CRETEIL, Institut d’Urbanisme de Paris, Université Paris XII

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Les différents intervenants ont accepté que la retranscription de leur présentation fasse l’objet d’une publication. Grâce à M. Guillaume FABUREL et avec le soutien d’Urba+, un livre issu de ce colloque est en cours d’élaboration. Cet ouvrage devrait sortir en presse d’ici la fin de l’année 2007.

Nous vous en communiquerons les références précises une fois que nous en saurons plus sur les modalités de sa publication.

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