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Pierre Lunel remet au Premier ministre son Schéma national de l’orientation et de l’insertion professionnelle

Université - Emploi : les choses bougeraient-elles enfin ?

Pierre Lunel, délégué interministériel à l’orientation, a remis le 27 mars 2007 au Premier ministre le schéma national de l’orientation et de l’insertion professionnelle , témoignant de la prise conscience des problèmes sociaux et économiques induits par les sorties massives du système scolaire et universitaire de jeunes sans diplômes ou avec des diplômes sans débouchés professionnels. (voir : le communiqué de presse sur le site du Premier ministre)

Les jeunes français sont en effet très critiques vis-à-vis de l’Université, faisant 3 reproches majeurs au système d’orientation : tout d’abord il est trop éloigné de la connaissance concrète des métiers. Ensuite il est peu compréhensible pour un grand nombre de jeunes et de parents désorientés. Enfin, il ne favorise pas l’éclosion de tous les talents.

L’université française doit relever le défi de l’insertion professionnelle. Ainsi les objectifs sont de réduire le nombre de jeunes quittant l’enseignement supérieur sans diplôme, réduire le délai d’accès à l’emploi des jeunes, assurer une meilleure diversité sociale et ce dans toutes les filières. 4 axes majeurs sont proposer dans le rapport pour relever le défi de cette insertion professionnelle des jeunes :

I) Permettre à tous les jeunes d’obtenir une vraie qualification

Tout d’abord il s’agit d’assurer une meilleure connaissance par les jeunes des métiers qui existent : cela pourrait passer par la mise en place en classe de 3ème d’un enseignement de découverte professionnelle de deux heures hebdomadaires. Autre préconisation du rapport la mise en place d’un entretien d’orientation personnalisé pour tous les jeunes de 3ème et de 1ère, permettant de déceler les motivations des enfants, mais aussi de les éclairer sur les options possibles et les faire rentrer dans une démarche active et prévoyante de recherche d’informations sur les métiers.

C’est aussi accroître la place des formations pratiques, notamment à travers la question de l’apprentissage, dont l’intérêt d’articuler école et entreprise doit être valorisé, le contrat de professionnalisation permettant d’acquérir sous contrat de travail une qualification professionnelle, mais aussi la formation tout au long de la vie et la validation des acquis de l’expérience.

II) Orienter activement vers l’enseignement supérieur pour l’emploi

Il s’agit tout d’abord de présenter aux enfants un panorama plus complet des formations qu’il peuvent intégrer : leur permettre de faire un choix éclairé, c’est-à-dire leur fournir des indications sur la réussite à ces études, les possibilités d’insertion, la description des cursus, les passerelles possibles, et ce à travers un dossier unique de candidature.

Autre préconisation du rapport la création d’un conseil de classe de l’orientation, le second conseil de classe de terminale étant ainsi destiné à étudier les vœux des élèves et élaborer un document de dialogue pour l’orientation.

C’est aussi la mise en place d’une première année universitaire plus efficace : tuteurs étudiants chargés d’accompagner les élèves de premier cycle, facilitation des passerelles à la fin de la première année d’université,…

Il s’agit enfin de préparer l’insertion professionnelle tout au long du parcours à l’université du jeune : création dans chaque Université d’un comité entreprises / université chargé de discuter de la question des stages, de la construction des formations, des aides à l’embauche, création dans chaque université d’une maison des anciens pour que chaque université ait son réseau, mise en place dès la licence de stages courts de découverte du monde professionnel ainsi que mise en place à l’Université de modules professionnalisant : informatique, langues, connaissance du monde économique, technique de recherche d’emploi, qualification des compétences,…

III) Coordonner, évaluer et informer

Il s’agit ici de mettre en place dans chaque Région un comité de coordination de l’emploi et de la formation professionnelle et de permettre aussi une observation plus fine de ce que deviennent les étudiants de l’Université à travers la mise en place d’observatoire sur chaque site universitaire.

IV) Mobiliser tous les acteurs pour l’emploi

Il faut mobiliser les acteurs concernés, c’est-à-dire les entreprises par la signature de conventions entre les entreprises et les Universités, mais aussi les enseignants en les formant à l’orientation tout au long de leur carrière.

Il est enfin nécessaire de remettre ces enjeux dans un contexte plus large, le contexte européen. Au-delà d’une meilleure orientation des jeunes français permettant de réussir, d’être diplômé, d’avoir des diplômes qui débouchent sur l’emploi, c’est un enjeu à l’échelle de l’Union européenne dont il s’agit, et ce dans le cadre de sa stratégie de Lisbonne visant à faire de l’Europe la société de la connaissance la plus dynamique d’ici à 2010. Autant dire que le chemin à parcourir est encore long…

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