"L’Ecole nationale supérieure de la nature et du paysage (ENSNP) a enfin quitté les baraques provisoires qu’elle occupait, depuis 1995, dans la périphérie de Blois pour s’installer dans le principal atelier de fabrication de l’ancienne chocolaterie Poulain. Le bâtiment, massif, avec ses trois "dents" qui engendrent deux cours, date de 1919. La chocolaterie, à son apogée, était une véritable ville dans la ville, située sur les hauteurs, à proximité de la gare, et dominant la Loire. Depuis sa fermeture, en 1991, le site industriel a perdu beaucoup de plumes : de nombreux édifices ont été détruits. Reste un pavillon du "château" du propriétaire, Auguste Poulain, en passe d’être transformé en logements, et le corps central de l’usine dévolu à l’Ecole du paysage.
La façade de cette dernière, en béton, est rythmée par une alternance de baies vitrées et de trumeaux en briques avec des enduits un peu granuleux et une base de pierres diversement taillées. Ce monolithe puissant porte, sur son toit en terrasse, des édifices en retrait. Son austère décoration est composée de motifs géométriques. L’atelier a été construit par les ingénieurs Paindavoine et Collignon. C’est l’agence Canal, des frères Rubin, qui a été chargée de la transformation de ce local industriel en école. Celle-ci n’occupe que 4 500 m2 sur un total de 11 000 m2. Un IUT doit être logé dans les parties vacantes. L’achat de la chocolaterie et le coût des travaux se montent à 6 millions d’euros.
POTEAU CHAMPIGNON
La quasi-totalité de cette structure de béton armé est articulée par un système original, mis au point avant la première guerre mondiale par l’ingénieur suisse Robert Maillart et peu appliqué en France : le poteau champignon, lui aussi en béton armé, est une colonne dite à évasement. Ces colonnes traversent régulièrement l’ensemble de l’édifice en s’évasant à chaque niveau, supportant ainsi les planchers, les linteaux et les poutres. L’originalité de ce procédé a conduit les pouvoirs publics à inscrire le bâtiment à l’Inventaire supplémentaire des Monuments historiques.
La bonne idée de Patrick Rubin a été de concentrer toute la technique du bâtiment (sanitaires, escaliers, ascenseur, fluides, locaux techniques) dans une "barrette" centrale de 4,50 m de largeur, située au coeur de l’édifice, sur toute sa hauteur. Ainsi le reste des plateaux dédiés aux salles de cour est dégagé sur trois niveaux avec une très grande hauteur sous plafond (4,57 mètres). Sauf au rez-de-chaussée, où l’entrée est occupée par l’administration, casée dans une mezzanine. Le toit terrasse doit accueillir un jardin expérimental. Mais aussi un système photovoltaïque pouvant alimenter une partie de l’établissement en énergie.
Lancée par Jack Lang en 1992, alors maire de Blois, l’Ecole est dirigée depuis sa fondation par Jean-François de Boiscuillé. Elle accueille actuellement 135 étudiants - à terme -, qui, après un cursus de cinq années d’études, reçoivent un titre d’ingénieur. "L’objectif que se fixe l’ENSNP, explique son directeur, est de former des ingénieurs paysagistes ayant une compétence à diagnostiquer un territoire, à en formuler la problématique et à y répondre par un programme qu’ils devront mettre en oeuvre, en prévoyant sa gestion." Un rapprochement est en cour avec le Conservatoire de Chaumont-sur-Loire qui organise le célèbre Festival des jardins."
Article paru dans le journal LE MONDE du 14.07.07, et écrit par le journaliste Emmanuel de Roux.
<< Poster un message >>
:: question :: précision :: avis :: commentaire :: bug ::
(1.)Renouvellement urbain : L’Ecole du paysage de Blois investit la chocolaterie Poulain , le 16 octobre 2008 par TheG (0 rép.)
(2.)Renouvellement urbain : L’Ecole du paysage de Blois investit la chocolaterie Poulain , le 1er septembre 2008 (2 rép.)
-----> wow gold
-----> car wash