UrbaPlus, Le Réseau de l'Institut d'Urbanisme de Paris

Un référentiel qui a au moins le mérite d’exister…

L’Office Professionnel de Qualification des Urbanistes (OPQU), association regroupant différentes organisations du monde de l’urbanisme (AUDE, AFUA, APCAUE, CFDU, FNAU, SFU,…), a publié dans le supplément du "Moniteur" du 29 décembre 2006 un « référentiel métier des urbanistes », consultable sur son site : http://www.opqu.org

Ce référentiel a été élaboré, à la suite d’une demande de la Direction générale de l’urbanisme, de l’habitat et de la construction (DGUHC), afin de lancer le débat sur les évolutions du métier et l’adaptation nécessaire des formations.

Le rapport de l’OPQU s’essaie à construire une lecture de l’organisation du champ professionnel de l’urbanisme, et ce en ayant identifié 7 domaines d’activités au cœur du métier d’urbaniste.

Pour les auteurs de ce référentiel, l’urbaniste est difficile à définir, oscillant entre l’homme d’études, l’homme de l’art et l’administrateur des villes, il est cependant amené à exercer dans 7 grands domaines identifiés : 4 domaines cœur de la spécificité de son métier et 3 domaines importants mais partagés avec d’autres professions.

I) Les 4 domaines d’activités spécifiques de l’urbaniste :

1. L’analyse et la prospective territoriale

Il s’agit ici de connaître les territoires et de mettre en œuvre des orientations stratégiques. Ici homme d’études et homme de l’art, l’urbaniste se doit d’observer, de se projeter, de spatialiser ses projets, d’élaborer les politiques urbaines.

- Compétences : savoir analyser des évolutions des espaces, savoir créer des bases de données, savoir simuler des évolutions, savoir faire de la prospective, savoir produire des études, savoir spatialiser un projet, savoir représenter,…

- Produits : un état des lieux, une étude d’impact, une synthèse, une base de données, un diagnostic territorial, un document de planification, un document de programmation,…

2. La conception urbaine

Il s’agit ici de localiser et d’agencer les fonctions urbaines. La programmation urbaine va dimensionner les activités et définir les espaces destinés à les recevoir. L’aspect réglementaire et pragmatique de ce domaine est important.

- Compétences : savoir traduire des objectifs, savoir quantifier, savoir conseiller, savoir articuler, savoir concevoir des projets d’urbanisme,

- Produits : une étude de programmation urbaine, une étude de faisabilité, un plan d’urbanisme, un suivi de maîtrise d’œuvre,…

3. La production d’opérations

Il s’agit ici de compétences relatives à la mise en œuvre et à la conduite d’opérations urbaines et d’aménagement. À travers le remembrement foncier, l’aménagement des réseaux, la commercialisation des espaces à bâtir, ce domaine d’action va permettre le passage à l’acte d’urbanisation en lui-même.

- Compétences : savoir faire le lien entre stratégie et action, savoir créer et mener une opération, savoir gérer de nombreuses informations, savoir définir un plan d’action,…

- Produits : un pilotage d’opération,…

4. La gestion territoriale

Il s’agit ici d’un domaine proche du management urbain. Gérer l’espace urbain au quotidien et sa nécessaire adaptation. La question du droit des sols ainsi que de la politique de la ville sont ici particulièrement appelées.

- Compétences : savoir faire le lien entre stratégie et action, savoir traiter de multiples informations, savoir résoudre les problèmes de concrétisation des projets, savoir inscrire ses actions dans la durée, savoir assurer un suivi des politiques publiques,…

- Produits : une note, un avis, une instruction, un centre de ressources, un dispositif d’information,…

II) Les trois domaines d’activités de l’urbaniste partagés avec d’autres professions :

5. La coordination et la conduite de projets territoriaux

Ici croisée avec d’autres professions oeuvrant sur le cadre de vie, l’urbaniste est amené à coordonner, animer, et « manager » les projets de territoire.

- Compétences : savoir proposer des méthodologies de projets, savoir manager des réflexions collectives, savoir coordonner et mettre en relation, savoir diffuser l’information, savoir comprendre les logiques de pouvoir,…

- Produits : un organigramme, des ateliers, une mission, des équipes, des groupes de travail, un planning, des dispositifs de validation des décisions,…

6. L’animation de projets territoriaux

L’urbaniste est appelé ici à savoir manier les techniques relatives à la communication et la promotion du projet urbain, mais aussi les domaines émergents et majeurs de la concertation et de la participation en amont du projet.

- Compétences : savoir identifier les stratégies, savoir faire adhérer, savoir organiser une concertation, savoir mobiliser les populations, savoir maîtriser la prise de parole,…

- Produits : une communication, un journal, une plaquette, un site Internet, une commission extra municipale, un conseil de quartier, une réunion publique, une visite, un événement,…

7. La production des savoirs

Il ne faut pas oublier non plus le domaine de la production des savoirs, car tout espace professionnel se doit de réfléchir à ses actions et de se projeter vers des pratiques sans cesse à réinventer. L’enseignement en urbanisme, la recherche, les réflexions théoriques peuvent éclairer les pratiques professionnelles des urbanistes, elles sont aussi une composante du métier d’urbaniste.

- Compétences : savoir produire de la théorie, savoir avoir un regard critique, savoir dégager des connaissances utiles aux professionnels, savoir rendre accessible son discours,…

- Produits : un livre, un colloque, un cours,…

Le débat reste ouvert…

Si la distinction entre domaines d’activités spécifiques et domaines d’activités partagés parait pertinente pour identifier un cœur de métiers et ouvrir la profession sur d’autres champs professionnels, il reste à mieux délimiter l’univers de ces différents domaines connexes. A cet égard, cette distinction se recoupe partiellement avec celle opérée par Urba+ lors de l’édition 2006 de son forum des métiers, à savoir : la conduite de projets opérationnels en urbanisme, d’un côté, et l’animation des politiques de développement territorial, de l’autre. Ce distinguo est manifestement plus simple que celui esquissé par l’OPQU. A l’inverse, la frontière entre certaines catégories, domaines ou fonctions du référentiel est encore floue (Cf. 5. et 6.). De même, la dénomination de certains domaines d’activité est discutable : la gestion des opérations urbaines et de la politique de la ville peut-elle s’apparenter à de la « gestion territoriale ? ».

Bien entendu, le débat reste ouvert, et nul ne doute que cette première étape de « conceptualisation » s’accompagnera d’une réflexion sur l’adaptation de l’offre de formation. A ce titre, Urba+ souhaite que l’ensemble des Instituts d’Urbanisme y participe.